30/09/2008

La meilleure part des hommes / Une saison en enfer (morceaux choisis)

Il dansait – ce n’était pas agréable, au début, parce qu’il y pensait, puis il oubliait, et c’était bon parce que ce n’était plus bon, non, non, c’était bien plus que ça. Au diable le reste.
Et il jouissait.
«
Merde, qu’est-ce qu’on pouvait jouir, à l’époque, je crois pas qu’on jouisse comme ça , aujourd’hui.
»

Quelqu'un de pur. Au contact du monde, cela donne une personne extrêmement sale.

Il part donc, loin de nos yeux, avec au creux du ventre la possibilité intacte de ce qu'il avait de mieux, en se contentant de dilapider dans cette vie-ci le mauvais.

****

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Je redoute l'hiver parce que c'est la saison du confort!

Me voici sur la plage armoricaine. Que les villes s'allument dans le soir.
Ma journée est faite ; je quitte l'Europe.
L'air marin brûlera mes poumons ; les climats perdus me tanneront.
Nager, broyer l'herbe, chasser, fumer surtout ;
boire des liqueurs fortes comme du métal bouillant,
- comme faisaient ces chers ancêtres autour des feux.

Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l'oeil furieux :
sur mon masque, on me jugera d'une race forte. J'aurai de l'or : je serai oisif et brutal.
Les femmes soignent ces féroces infirmes retour des pays chauds.
Je serai mêlé aux affaires politiques. Sauvé.

Maintenant je suis maudit, j'ai horreur de la patrie.
Le meilleur, c'est un sommeil bien ivre, sur la grève.


Pretty pretty pretty please...I'll find :)

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