05/11/2007

L'important n'est pas la question, mais la réponse

-Quand êtes-vous déjà morte?

Quand j'ai réalisé que je n'avais plus aucun secret pour mon père. "Anonyme" et un jeu de mots à deux balles, balayée la notion de vie privée. Et le pire c'est que c'est de ma faute.

-Qu'est-ce qui vous fait lever le matin?

Les accords de jazz de la sonnerie la moins dissonante de mon vieux portable ou la gueule de bois. J'aimerais que ce soit plus souvent les rayons du soleil.

-Que sont devenus vos rêves d'enfant?

Je crois que je ne serais ni écrivaine, ni ramasseuse de feuilles, ni détective privée, ni monitrice d'équitation, ni architecte. Présidente, pourquoi pas ?

-Qu'est-ce qui vous distingue des autres?


Je me suis fiancée, mariée, et j'ai consommé ma nuit de noce avec trois hommes différents.

-Vous manque-t-il quelque chose?


L'orgasme, le temps pour lire Le maître et Marguerite de Boulgakov, Ivan.

-Pensez-vous que tout le monde puisse être artiste?


Tout le monde peut être un artiste... en puissance. C'est le passage à l'acte qui pose problème.

-D'où venez-vous?


Je suis née à Paris et je me suis fabriquée en Russie, en Bretagne, en Allemagne, à Lamothe en Blaisy...

-Jugez-vous votre sort enviable?


Un Putain de Capitaliste dont la conception de l'enviable se limiterait aux conditions materielles frôlerait les deux secondes de protestation lacrymale en pensant aux petits-Africains-qui-meurent-de-faim et répondrait oui. Je dis non sans hésiter. Qui voudrait être moi ?

-A quoi avez-vous renoncé?


A l'Amour. A un portable à clapet super cher que ma mère était prête à m'offrir. A mon été de folie, pour préparer le concours de sciences-po. On a pas idée.

-Que faites-vous de votre argent?


Je m'achète des beignets chez le libanais et des salades de pâtes chez Franprix, je me paye des coups à boire, je fais des cadeaux à ceux que j'aime, je vais chez le coiffeur, je le transforme en musique...

-Quelle tâche ménagère vous rebute le plus?


Nettoyer la table après le repas. Vous savez avec les petites miettes et la sauce qui collent à l'éponge.

-Quels sont vos plaisirs favoris?


Dormir, lire, baiser, réfléchir, boire, rire.

-Qu'aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?

Un keffieh, les mêmes capotes de ouf que celles de Morgann, un billet d'avion pour la Bulgarie.

-Citez trois artistes vivants que vous détestez.

Jonny Haliday, Frédéric Beigbeder, Clémence Poésy.

-Que défendez-vous?


Tout ce qui ne s'achète ni ne se vend pas.

-Qu'êtes-vous capable de refuser?


10€ pour un devoir où j'ai eu 18, une fellation à genoux, des vacances dans la maison de ma grand-mère décédée.

-Quelle est la partie de votre corps la plus fragile?

Mon poignet droit, les petites peaux autour de mes ongles, mon piercing.

-Qu'avez-vous été capable de faire par amour?

Aimer. Je crois que ça dit tout.

-Que vous reproche-t-on?

Mon manque de concessions.

-A quoi vous sert l'art?


A dépasser mon quotidien, à réfléchir, à avoir des frissons, à savoir quoi faire d'un stylo et d'une page.

-Rédigez votre épitaphe :

"Morte comme l'URSS de n'avoir pas pu ou pas su se réformer".

-Sous quelle forme aimeriez-vous revenir ?


Au début je voulais dire "un triangle" mais je crois que c'est pas drôle. Non, serieusement, sans hésiter, un homme.

2 commentaires:

Mrs Beckett a dit…

BOUH! nous revoilà...eh merde toujours pas debarassé ;) mmm j'aime la longueur des deux articles qu'on a fait ! bisous! je t'm

Lou a dit…

J'adore